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Controverse autour des missions du CVUH. Le syndrome du social-traître ?

Be-CredibleComme nous l’avons fait remarquer sur la page Facebook de ce blog, nous connaissons et apprécions le principe qui a amené à la création du CVUH (Comité de Vigilance sur les Usages publics de l’Histoire) ainsi que, de façon générale, leur travail, même si nous avions déjà émis une petite série de critiques au moment de leur débat avec Guillaume Foutrier. En effet, en conclusion de ce billet ancien, nous expliquions alors que nous prenions quelque peu nos distances avec le Comité.

Les légères outrances verbales de Guillaume Foutrier auront eu le mérite de faire parler, comme le prouve la longueur et le nombre des commentaires sur les différents articles du « dossier », ainsi que nous amener à clarifier certaines situations. De fait, si nous apprécions généralement le travail des membres du CVUH – avec qui nous avons eu l’honneur de travailler – et de l’Aggiornamento, nous en venons à penser que sur certains sujets, nos convictions sont en contradiction avec les leurs. La guerre picrocholine de Guillaume Foutrier aura, donc, au moins eu cet intérêt : mettre nos idées au clair sur ces questions et tracer notre propre chemin en dehors de ces associations.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler avec eux sur la figure de Bernard Lugan et ses falsifications inadmissibles autour des événements du 17 octobre 1961. Toutefois, outre des querelles de personnes qui n’intéressent que les principaux protagonistes et sur lesquelles nous ne nous appesantirons pas plus, désormais il va nous être impossible de collaborer avec eux, ce que nous regrettons. Passé les conflits égotistes, notre rupture avec le CVUH tient surtout à des raisons de fond.

Naissance de la polémique

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Qu’est-ce que populariser en Histoire ? Avis personnel suite à une réflexion théorique

"Historia" (1892) de Nikolaos Gyzis (1842-1901)

« Historia » (1892) de Nikolaos Gyzis (1842-1901)

Je me suis déjà exprimé à plusieurs reprises, dans de longs articles ou par petite touche, sur la thématique, fondamentale pour moi, de la popularisation du savoir historique. Toutefois, je crois qu’il faut que je fasse un effort de synthèse pour mettre à plat l’état de ma pensée sur le sujet en mars 2014.

Autant le dire d’emblée, dans cet article je ne m’intéresserais qu’à la thématique tournant autour du grand public plutôt adulte. En effet, le public scolaire et les contraintes des différents programmes édictés dans les locaux ministériels de la rue de Grenelle sont, je crois, un cas assez spécifique et particulier. A ce propos on lira avec attention cet article de Servane Mazarin publié sur le site du collectif Aggiornamento histoire-géo . Celle-ci y traite de la pertinence, selon elle, de l’intégration d’un champ majeur de « l’histoire universitaire » dans le monde de l’Education Nationale, l’historiographie. De fait, l’ajout de cette discipline à l’histoire scolaire pourrait être, il me semble, un vecteur intéressant d’une intégration de « l’histoire universitaire », plus proche de ce que l’on pense être les réalités historiques, dans les classes, notamment du secondaire. Le second bénéfice serait de démontrer que Clio n’est pas la muse d’une discipline morte faite uniquement de dates et autres choses ennuyeuses.

Venons en désormais au but premier de cet article : ma vision de ce que pourrait être la popularisation du savoir historique et surtout de comment, au sens des moyens à mettre en oeuvre, cela serait possible. Je ne prétends pas clore un débat dont, assurément, je ne maîtrise pas tous les tenants et les aboutissants. L’objectif est simplement d’apporter une contribution supplémentaire. De même, je ne prétends pas avoir tout lu/vu/entendu sur le sujet. Il ne s’agit ici que d’un avis personnel et, qui plus est, purement théorique. En outre, cet exposé ne revient pas à dresser un constat amer sur ce qui se fait déjà. Beaucoup de personnes, dont des universitaires, mettent déjà beaucoup de coeur à cet ouvrage, qu’elles en soient ici félicitées. En supplément des quelques exemples que j’avais présenté dans mon précédent article, je voudrais également mettre en avant Histoire pour Tous. On écoutera également avec intérêt une présentation du site comme exemple de vulgarisation par Christophe Naudin lors d’une journée d’étude récente du CVUH.

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Popularisation et masse des mots

Logo de l'association "La Sorbonne à l'école"

Logo de l’association « La Sorbonne à l’école »

Retrouver des amis ou autres camarades de promotion universitaire est toujours une expérience agréable, surtout lorsque ceux-ci nourrissent, par leurs remarques, ma propre réflexion sur certains sujets, notamment leur vision de mon aventure blogueuse. J’ai récemment eu l’occasion de réinterroger mon point de vue grâce à l’aide de Cédric Leclerc, ami de fac et archéologue de son état. Au fil d’une discussion à bâtons rompues, ce dernier m’a interpellé sur la longueur de mes articles en partant de l’opinion qu’une personne comme lui, intéressé par la matière historique, avait déjà du mal à aller au bout de mes billets du fait de leur longueur, alors une personne lambda, le Jacques Bonhomme qui avait apprécié ses cours d’histoire-géographie lors de ses classes collégiennes ou lycéennes mais qui n’a pas depuis prolongé l’intérêt par des lectures supplémentaires, serait encore plus ennuyée. En somme, la masse des mots pourrait être, comme c’est compréhensible, un frein à la lecture de mes écrits. Je dois également confesser être parfois affecté par le syndrome du « j’ai-pas-envie-de-lire-un-pavé-inintéressant-et-mal-écrit ».

Cet argumentaire se tient et appelle de ma part une réflexion sur deux plans, un personnel et l’autre plus général. De fait, l’un des buts de ce blog est, entre autres, d’oeuvrer à une certaine popularisation du savoir historique, même si – il est vrai – cet aspect est moins présent ces derniers temps. Par conséquent, cette interrogation sur ma prose me force à questionner mon embryonnaire façon d’écrire. Cela semble être un élément récurrent puisque je faisais déjà état, il y a tout juste un an, de remarques similaires, ce que d’autres commentateurs avaient plus ou moins confirmés. Par ailleurs, le caractère quelque peu embrouillé de ma pensée, écrite ou orale, a toujours été, et ce dès ma scolarité obligatoire, un reproche récurrent. Je ne prétends absolument pas être un écrivain ou quelqu’un avec un « style littéraire » particulier. J’essaye simplement de rendre l’état de ma pensée de la façon la plus honnête et la plus limpide possible. Pas de manière satisfaisante, il faut le croire. J’en prends bonne note.

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