l'histoire est un combat

Accueil » Posts tagged 'Méthode historique'

Tag Archives: Méthode historique

Controverse autour des missions du CVUH. Le syndrome du social-traître ?

Be-CredibleComme nous l’avons fait remarquer sur la page Facebook de ce blog, nous connaissons et apprécions le principe qui a amené à la création du CVUH (Comité de Vigilance sur les Usages publics de l’Histoire) ainsi que, de façon générale, leur travail, même si nous avions déjà émis une petite série de critiques au moment de leur débat avec Guillaume Foutrier. En effet, en conclusion de ce billet ancien, nous expliquions alors que nous prenions quelque peu nos distances avec le Comité.

Les légères outrances verbales de Guillaume Foutrier auront eu le mérite de faire parler, comme le prouve la longueur et le nombre des commentaires sur les différents articles du « dossier », ainsi que nous amener à clarifier certaines situations. De fait, si nous apprécions généralement le travail des membres du CVUH – avec qui nous avons eu l’honneur de travailler – et de l’Aggiornamento, nous en venons à penser que sur certains sujets, nos convictions sont en contradiction avec les leurs. La guerre picrocholine de Guillaume Foutrier aura, donc, au moins eu cet intérêt : mettre nos idées au clair sur ces questions et tracer notre propre chemin en dehors de ces associations.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler avec eux sur la figure de Bernard Lugan et ses falsifications inadmissibles autour des événements du 17 octobre 1961. Toutefois, outre des querelles de personnes qui n’intéressent que les principaux protagonistes et sur lesquelles nous ne nous appesantirons pas plus, désormais il va nous être impossible de collaborer avec eux, ce que nous regrettons. Passé les conflits égotistes, notre rupture avec le CVUH tient surtout à des raisons de fond.

Naissance de la polémique

(suite…)

Le problème de l’apparence des historiens

PUF1ercycleEtant donné que je considère l’histoire comme une science globale, pour ne pas dire totale, – en ce sens que rien, aucune époque ni sujet, n’échappe à ses questionnements et qu’aucune méthode et/ou outil de travail ne saurait être dédaigné pour son contexte d’utilisation habituelle (économie, philosophie, sciences du vivant etc…) – je ne rechigne pas à nourrir ma réflexion de toutes sortes de matériaux. Ce n’est pas un fait nouveau que j’introduis ici, puisque plusieurs fois j’ai réfléchi sur divers thèmes, par exemple la popularisation du savoir, à partir de ce que disait d’autres scientifiques.

De fait, aujourd’hui je voudrais renouveler l’expérience grâce à un texte de la philosophe Laura-Maï Gaveriaux intitulé « Ma vie avec Finkielkraut ». Ce dernier est paru sur son blog personnel en date du 7 novembre 2013. Outre ce texte, on trouvera des réflexions sociétales ou philosophiques qui me semble intéressantes. De même on pourra nourrir une réflexion autour de la « question noire » contemporaine à travers son cycle en cours d’articles sur les « Black reparations », même si l’auteure m’a avertie qu’il ne faut pas juger ces textes à travers un prisme historique.

Pour mon propos d’aujourd’hui, je vais reprendre quelques extraits de sa prose et voir en quoi elle s’applique bien au cas de l’histoire. Dans un premier temps l’auteure explique que :

(suite…)

La perfection à un détail près…

salvador-dali-famous-quote-perfection-art-creativity1Je prends la plume pour la deuxième fois sur ce nouveau blog pour parler d’un article qui aurait pu, de mon point de vue, être parfait si une phrase qui est pour moi malheureuse ne s’était pas glissé dans le corps du texte. Le texte en question est l’oeuvre de Charles Heimberg, professeur en sciences de l’éducation et à l’Institut universitaire de Formation des enseignants à Genève, et est paru sur le site internet du journal Mediapart. L’article en question s’intitule « Brouillage mémoriel sur la Haute-Savoie » et est paru récemment (aujourd’hui !), le 22 janvier 2014.

Un article parfait dans le sens du style de l’auteur, de l’exposé clair et précis des faits ainsi que le démontage systématique du relativisme historique fallacieux de l’ouvrage de Claude Barbier, Crimes de guerre à Habère-Lullin. En effet, cette tentative relativiste est absolument idiote (il n’y a pas vraiment d’autre mot pour le dire…) puisqu’elle tend à mettre en équivalence les crimes perpétrés par les nazis et les collaborateurs et les exactions commises par les résistants. C’est encore plus étrange lorsque l’on sait que l’auteur, par ailleurs docteur en histoire, est, selon Charles Heimberg – d’après cet échange de tweets – , version confirmable par différentes sources [1, 2, 3], politiquement une personne que l’on pourrait qualifier « de gauche » du fait de son appartenance au parti Europe Ecologie – Les Verts, ce mouvement étant membre de la majorité présidentielle en janvier 2014. En effet, ce relativisme est habituellement le fait de personnes que l’on peut qualifier d’extrême-droite. Ce possible fait, qui doit être confirmé par une lecture du livre de Claude Barbier, ne lasse pas de me fasciner.

Toutefois, ces spéculations ne sont pas le but principal de mon article. De fait, le seul écueil que je trouve à la prose de Charles Heimberg est ce petit paragraphe (le surlignage en gras est de mon fait) :

(suite…)