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De l’art de savoir débattre

C'est comme cela que ça ne doit PAS se passer...

C’est comme cela que ça ne doit PAS se passer…

Accepter le débat, savoir débattre et ne pas prendre son contradicteur de haut depuis je ne sais quelle chaire, est un exercice difficile et exigeant. Très sincèrement, nous devons avouer que, parfois, devant l’énervement ou la fatigue, nous n’y arrivons pas. Il nous est déjà advenu de ne pas savoir avancer les bons arguments au bon moment, de ne pas être assez éloquent pour bien les défendre ou de céder à la facilité et jouir de ma position « d’historien » – du moins dans l’esprit de « profanes » – pour appuyer une argumentation dans un moment où il nous était nécessaire d’avoir le dessus pour des raisons non-historiques. C’est probablement parce que nous sommes peut-être, comme me le disait une interlocutrice il y a quelques temps, encore « un peu vert » historiquement. En ce sens, ce blog est aussi pour nous un moyen pour affûter nos capacités et donc ne plus avoir recours à l’immondice intellectuelle qu’est l’argument d’autorité.

En outre, savoir débattre c’est aussi savoir respecter les arguments des autres et ne pas jeter a priori l’opprobre sur les arguments de l’adversaire parce qu’ils proviennent de ce dernier. C’est ce que nous avons essayé de faire dans un billet précédent à propos d’Eric Zemmour et de l’éventualité que ses propos sur les « invasions barbares » puissent être admissibles. Enfin, il nous semble également nécessaire de savoir avoir de la considération, au moins à minima, pour ses contradicteurs et ne pas nécessairement les voir comme les tenants comme les défenseurs obtus d’un ordre quelconque ou des ennemis en puissance, notamment lorsque la discussion se veut argumentée et constructive.

Déclarations péremptoires et mépris pour les arguments adverses : le débat selon Franck Ferrand

Des qualités dont, semble-t-il, ne sait pas réellement faire preuve Franck Ferrand. En effet, dans sa chronique régulière pour le site internet du journal Le Figaro, le présentateur de L’ombre d’un doute et d’Au coeur de l’histoire s’est fendu d’un petit texte, dans lequel il reprend le bâton de pèlerin pour prêcher sur un de ses sujets favoris, la localisation du site de la bataille d’Alésia à Chaux-des-Crotenay et non à Alise-Sainte-Reine, thème qui a déjà fait l’objet d’une prose de sa part dans L’histoire interdite. Révélations sur l’histoire de France. A noter que le dit texte du Figaro a été repris sur son site personnel. Dans ces lignes il résume à grands traits les arguments des camarades de Danielle Porte, notamment une affiliation très proche vis-à-vis du texte de Jules César dans La guerre des Gaules et une critique serrée des fouilles archéologiques menées jusqu’à présent sur le site d’Alise-Sainte-Reine.

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Blogueur gardez-vous à droite ; blogueur gardez-vous à gauche !

Battle-poitiers(1356)

Miniature extraite des « Chroniques » de Jean Froissart à propos de la bataille de Poitiers en 1356. La bataille de Poitiers se solde par une défaite française et la capture de Jean II le Bon, et ce malgré la défense vaillante de son fils Philippe le Hardi.

Avec ce titre, les médiévistes, les amoureux de l’histoire de France ou autres amateurs de citations célèbres, auront reconnu une version déformée de la phrase qu’aurait prononcé, selon Matteo Villani, Philippe le Hardi à son père, Jean II le Bon. Cette petite note dominicale n’a pas l’intention d’étaler une certaine culture générale ou érudition personnelle juste pour le plaisir du geste. Elle a pour but de relater une petite expérience qui donne du sens à notre travail sur ce blog si on la met en relation avec une autre qui a eu lieu y a plusieurs mois.

Biais intellectuels et calomnies. Une certaine idée de l’extrême-droite

En effet, samedi soir, alors que nous allions prendre un repos mérité, un tweet vient nous interpeller. Il est l’œuvre d’une personne qui se fait appeler @Moralicid sur Twitter. Ce dernier, citant un des épisodes de la série « De l’Orient à l’Occident » uploadé sur notre chaîne Dailymotion, nous qualifie de « révisionniste ». Passant sur le fait qu’en histoire le révisionnisme n’est absolument pas une insulte – les historiens de la nouvelle génération révisant, plus ou moins fortement, les travaux de leurs aînés suite aux dernières données découvertes ou dernières théories/points de vue venant réinterroger des événements ou des faits historiques – , le dimanche matin, un « échange » a commencé. Pour plus de clarté, nous reproduisons ici une première salve des différents messages qu’il nous a envoyé. Cette capture d’écran et la suivante ont été effectuées ce matin, dimanche 18 mai 2014, vers 10h30 du matin.

Twitter5On y voit donc tout le mépris de ce personnage pour nous. Soit. Il faut de tout pour faire un monde. En passant, on sent déjà poindre sa relative bêtise puisqu’il affirme que nous n’avons pas encore notre Master, alors que la mini-biographie de notre compte Twitter précise bien que nous sommes déjà titulaire de ce diplôme. Bref, passons.

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Se nourrir du vide : Eric Zemmour et les « Grandes Invasions »

Aureus d'or (263-264) de Postumus, empereur des Gaules entre 260 et 269

Aureus d’or (263-264) de Postumus, empereur des Gaules entre 260 et 269. Droit : Tête de Postumus laurée à droite. Autour POSTVMVS PIVSAVG. Grènetis périphérique. Revers : Postumus assis sur une siège à gauche, la main droite tendue. Personnage à genoux devant lui. Autour INDVLG PIA POSTVMI AVG

J’ai longtemps hésité intérieurement sur la pertinence ou non d’introduire l’étude de cas qui va suivre. Il était, au départ, prévu de l’insérer dans un article (à venir) prenant une perspective plus large sur le camouflage d’une pensée creuse sous les atours de la sapience scientifique. Toutefois, plusieurs raisons m’amène à le détacher. Certes, l’exemple que je vais développer était d’une certaine manière corollaire – en ce sens qu’il s’agit de se nourrir du relatif vide ou de l’imprécision autour d’un sujet historique pour exprimer des désirs et opinions actuelles – au sujet de cet autre billet, mais tout cela ne cadrait pas totalement bien. C’était un peu comme faire le mariage d’une carpe et d’un lapin. Par conséquent, il va être détaché et constituer un tout homogène en soi.

De même, l’idée sous-jacente de cet article n’est pas d’explorer de nouvelles thématiques et découvrir de nouvelles perspectives, mais d’effectuer, une nouvelle fois, le travail de recension des utilisations de l’histoire par des personnalités publiques. Outre le fait qu’il s’agit d’un des objectifs de ce blog, c’est ma façon de contribuer, par une petite pierre, au chantier de William Blanc, Christophe Naudin et Aurore Chéry.

Le personnage que je voudrais citer est Eric Zemmour. Au passage, je remercie Thibault Le Hégarat pour m’avoir signalé cela. De fait, dans l’émission « Ça se dispute » du 18 avril 2014, sur Itélé, le polémiste s’est fendu d’une petite saillie historique. Ce n’est pas la première fois qu’il y a recours. C’est même plutôt fréquent en fait. A en croire les auteurs du livre « Les historiens de garde » (p. 205),

Pour appuyer ses propos, Eric Zemmour fait souvent appel à l’histoire se référant à une historiographie du XIXème siècle, n’hésitant pas non plus […] à tordre les faits, à enchaîner les anachronismes et les erreurs évidentes, ou à ne choisir que ce qui étaye ses thèses […].

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