l'histoire est un combat

Accueil » Posts tagged 'Histoire grecque'

Tag Archives: Histoire grecque

Retour sur une contribution sur la « guerre totale » dans Guerres et Histoire n°9

Couverture du numéro 9 de "Guerres & Histoire"

Couverture du numéro 9 de « Guerres & Histoire » (octobre 2012)

Pour ce nouvel article je voudrais mettre en lumière une revue que j’ai eu la chance de découvrir grâce à un (heureux) cadeau de Noël, Guerres & Histoire. J’ai donc en ma possession le n°9 de cette revue et dans un premier temps je dois saluer la très bonne qualité générale de la revue grâce à la qualité des rédacteurs, mais aussi les sujets abordés. Mention spéciale pour le dossier principal « Le pétrole. L’arme noire qui a fait gagner les alliés » qui, malgré un titre un peu « racoleur », a le mérite d’envisager les opérations militaires du second conflit mondial sous un angle peu commun, qui m’était en tout cas inconnu, celui de l’approvisionnement du pétrole. Pour ceux qui seraient intéressés par cette thématique, je recommande la vision de cette courte introduction de la thématique par Jean Lopez, directeur de publication de Guerres & Histoire.

Si je peut comprendre que cela puisse faire partie d’un topos pour les amateurs ou spécialistes d’histoire militaire, et donc qu’il n’y aurait dans Guerres & Histoire que du recyclage de publications passées et non un réel travail de recherche inédite, mais pour un néophyte comme moi, l’effort de vulgarisation est salutaire. Le positionnement sur « l’inédit » n’est peut-être après tout qu’un regrettable effet de manche éditorial et non une duperie caractérisée de la part de la rédaction. Cela serait aux principaux acteurs (rédacteurs et éditeur) de répondre à cette question.

Ce n’est pas toutefois de cela dont je veux parler ici. A la page 34 je suis tombé sur un encart, dans la section « Vos questions à la une » (autre bonne surprise d’ailleurs) , posant cette question :

La guerre totale a-t-elle été « inventée » par la France lors des guerres de la Révolution ?

Je reproduis ci-après l’ensemble de la réponse de Laurent Henninger pour la clarté du débat que je veux introduire ensuite.

(suite…)

« Au nom d’Athènes » réalisé par Fabrice Hourlier

Affiche de "Au nom d'Athènes" de Fabrice Hourlier

Affiche de « Au nom d’Athènes » de Fabrice Hourlier

Il y a plusieurs semaines, le 24 novembre 2012, Arte diffusait un documentaire-fiction qui aurait pu mettre mon esprit d’helléniste dans un certain émoi, Au nom d’Athènes. Celui-ci se découpe en deux épisodes « Vaincre à Marathon » et « Divine Salamine ». Les plus alertes auront reconnu l’histoire des guerres médiques entre 492 et 479. Les documentaires ont été rediffusés le 27 décembre 2012 et également disponibles sur Youtube : « Vaincre à Marathon » et « Divine Salamine« . Le casting est composé d’acteurs français qui me sont relativement peu connus, hormis Jean-Pierre Michaël doubleur francophone en série et présent dans la production Section de recherchesLa réalisation a été confiée à Fabrice Hourlier, l’homme aux commandes de l’adaptation télévisée du Métronome de Lorant Deutsch pour France 5.

N’étant pas un fin connaisseur dans le domaine du jeu d’acteur, je ne commenterais pas le casting hormis pour dire qu’en règle générale l’interprétation est d’une assez bonne facture. En revanche, la réalisation est, comme dans Métronome, complètement tributaire d’une utilisation massive du numérique et du fond vert. Certes, le tournage des scènes dans des décors réels est très onéreux, mais cela évite la mauvaise impression de regarder un documentaire de série Z. C’est notamment flagrant dans Vaincre à Marathon à environ 5’00″, 21’00″ et 25’30″. De fait, si pour la reconstitution des vastes combats mettant aux prises des centaines d’hommes, la multiplication numérique des combattants n’est pas forcément malvenue, surtout dans un contexte de moyens restreints, mais n’importe quel oeil un tant soi peu habitué détecte tout de suite le fond vert concernant les décors. Même la reconstitution numérique doit être utilisée avec sagesse sinon on arrive au résultat d’absurde d’une scène de Divine Salamine (à 20’20″), trois personnages sur le même plan (parfois l’un à côté de l’autre !) et multipliés au moins deux fois. Tout cela a pour incidence d’ôter toute crédibilité à l’ensemble. Tout est affaire de dosage et parfois de parcimonie.

(suite…)

Phormion ou l’art du gloubiboulga

Illustration de la pièce "Phormion" de Térence dans un livre du XVIIème siècle

Illustration de la pièce « Phormion » de Térence dans un livre du XVIIème siècle

Suite à la forte polémique concernant l’évasion fiscale supposée de Gérard Depardieu en Belgique, je suis tombé par hasard sur une contribution d’un auteur, nommé Phormion, collaborant avec le journal L’Express, à travers leur page Facebook. Celle-ci cherche à expliquer et comprendre le geste de l’acteur en le replaçant dans une profondeur historique. Rien de plus louable à première vue, la profondeur historique pouvant manquer à certains débats. Je ne sais pas si l’auteur est historien, apprenti historien ou s’étant fait une spécialité de l’étude de l’Histoire, mais au final peu importe. De fait, il doit au moins posséder des notions en humanités classiques, Phormion étant le nom d’un ancien esclave devenu banquier à Athènes pour lequel Démosthène nous a laissé un discours judiciaire au IVème siècle avant notre ère.

Je prends la plume pour parler de cet article pour la seule et bonne raison qu’il relève de nombreux raccourcis et approximations. A propos de Gérard Depardieu, les références historiques ont fusé dans de nombreux sens dans cette affaire. La recension de celles-ci n’est pas le but de ce billet donc je renvoie le lecteur à l’article récent de Lucie Delaporte sur le site Mediapart. Pour en revenir à Phormion, l’auteur explique que :

(suite…)