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Michel de Jaeghere et Franck Ferrand, « copinages » entre historiens de garde

Michel de Jaeghere

Michel de Jaeghere

Récemment je suis rapidement revenu sur le cas de l’historien de garde Franck Ferrand à travers son apologie outrancière de la chronologie et sa détestation de tout ce qui n’est pas chiffres, dates et grands hommes au seul motif que cela serait « compliqué ». Après cela je ne pensais pas reparler de lui aussi vite, mais il vient de valider une hypothèse personnelle sur ses relations avec les autres historiens de garde. De fait, aujourd’hui dans son émission radiophonique quotidienne sur Europe 1, l’animateur de L’ombre d’un doute recevait, entre autre, Michel de Jaeghere. C’est au parcours et aux qualifications de ce dernier que je vais m’intéresser aujourd’hui. A noter que je n’ai pas eu le temps d’écouter le fond de ce qui s’est dit durant l’émission donc ma critique ne portera pas sur cela.

De fait, Michel de Jaeghere n’est pas à proprement parler un historien de garde puisqu’il n’est pas cité, il me semble, dans l’ouvrage éponyme de William Blanc, Christophe Naudin et Aurore Chéry, il gravite autour de plusieurs personnages reconnus comme tels, notamment Jean Sévillia, chroniqueur régulier au Figaro histoire, et donc maintenant Franck Ferrand. De plus, il est directeur du Figaro histoire, revue très souvent attaquée, ici mais aussi et surtout ailleurs, pour son caractère volontiers réactionnaire, pour ne pas dire manipulateur ou falsificateur. Par ailleurs, quelques maigres recherches internet permettent de dresser un pedigree intéressant. Tout d’abord, on apprend qu’il a travaillé pour le, reconnu, très droitier journal Valeurs Actuelles (où travaille actuellement un certain Laurent Dandrieu, auquel nous n’avons pas fait que des éloges…), qu’il est apprécié, peut-être à son insu, par le site Fdesouche, qu’il donne des interviews au portail Riposte Catholique et surtout qu’il a été plusieurs fois, et pas plus tard qu’hier (10 juin 2013), l’invité de la très conservatrice station FM Radio Courtoisie (ici par exemple et plus généralement ).

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Quand le Figaro Histoire défend Lorant Deutsch : un cocktail de mauvaise foi, de storytelling et de mépris

Laurent Dandrieu

Laurent Dandrieu

Cet article fait suite à la parution très récente d’un papier de Laurent Dandrieu dans le dernier numéro du Figaro Histoire et intitulé « Ce que révèle l’affaire Métronome ». Autant le dire de suite, l’auteur n’a absolument pas l’intention de mettre à disposition des lecteurs de ce magazine, et plus largement de la communauté historienne, professionnelle ou amateure, une synthèse sur le pourquoi de la polémique et ce qu’elle pourrait nous apprendre sur la diffusion de l’Histoire dans notre pays. Dommage cela aurait pu bien s’insérer dans la démarche du dernier numéro du Figaro Histoire portant, d’après la couverture, sur une réflexion autour de l’état de l’enseignement de l’Histoire en France. Non avec Laurent Dandrieu nous sommes face à  un défenseur servile de l’auteur du Métronome.

Servile puisqu’à chaque fois que Laurent Dandrieu émet une critique sur n’importe quel aspect du livre, la rhétorique du larbin lui impose de trouver une façon de minorer le défaut constaté. Le procédé est toujours le même : l’utilisation d’un exemple qui se veut indiscutable et le mettre en miroir du cas Deutsch afin d’aboutir à la conclusion d’un deux poids deux mesures et d’un ostracisme de Lorant Deutsch parce qu’il ne ferait pas partie du sérail historien. A ma connaissance, et assurément pas sous la plume des Goliards ou d’Histoire pour Tous, nommément cités dans l’article du Figaro Histoire, la critique n’a jamais porté sur sa non appartenance à la communauté des historiens professionnels, quelle est la définition de celle-ci d’ailleurs ? Qui plus est depuis des décennies la communauté historienne n’est en aucun cas un entre soi où les historiens ne parlent qu’aux historiens. C’est même plutôt l’inverse. A tel point que cela à amener François Dosse à expliquer en 1987 que l’Histoire était « en miettes ». Pour prendre l’exemple d’une discipline qui m’est chère, la numismatique grecque antique, que serait-elle sans l’apport des méthodes quantitatives inspirées des travaux d’économistes ? Quelle serait notre compréhension de l’apparition du phénomène monétaire sans les réflexions et questionnements des anthropologues ? De fait, et je le réaffirme encore une fois puisque cela ne semble pas marquer les consciences, l’un des principaux problèmes avec les écrits de Lorant Deutsch est l’absence totale de n’importe quelle forme de respect pour la plus élémentaire méthode historique, que ce soit la citation des sources, la distance critique vis-à-vis de ces dernières ou la nécessaire objectivité, autant que faire se peut bien entendu. Ni plus ni moins.

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Jean Sévillia et la Guerre d’Espagne ou quand une tentative de relativisme fait flop

Affiche espagnole pour l'engagement dans les Brigades Internationales

Affiche espagnole pour l’engagement dans les Brigades Internationales

Depuis de nombreuses années certains historiens ou écrivains cherchent à réhabiliter, avec plus ou moins de bonheur, les personnages ou des faits qui auraient été, selon eux trop maltraités par l’historiographie contemporaine. Dans la même veine on trouve également la volonté de relativiser des éléments qui auraient été trop bonifiés, voire encensés, par la critique, qu’elle soit purement historienne et scientifique ou qu’elle émane d’organes médiatiques plus généralistes. Ce dernier thème est le cas de l’article dont je voudrais parler aujourd’hui. Il s’agit d’une intervention de Jean Sévillia, parue dans le dernier numéro en date du magazine Le Figaro Histoire, à propos du relativisme qu’il faudrait apporter à propos de la guerre d’Espagne et des Brigades internationales. La critique se fait plus serré au sujet de la place de l’URSS et de la « légende dorée » mettant en avant les pures et désintéressées Brigades internationales se battant aux côtés des vaillantes forces républicaines espagnoles contre le coup d’Etat des généraux Sanjurjo, Mola, Goded, Fanjul et Franco appuyés par les troupes de l’Allemagne nazie et de l’Italie mussolinienne. Le point de départ de l’article de Jean Sévillia est la parution très récente de la traduction en français du témoignage de Zygmunt Stein, un communiste polonais, membre des Brigades Internationales et de confession judaïque. Celui-ci décrit, selon Jean Sévillia et le catalogue des éditions du Seuil, éditeur de l’ouvrage, les conditions dans lesquelles il est accueilli au sein des Brigades et le grand nombre de vexations, notamment antisémites, qu’il aurait subi.

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