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« Sexe & pouvoir. Secrets d’alcôves de César à DSK » de Dimitri Casali et Sandire Gallotta

sexe-et-pouvoir-secrets-d-alcove-de-cesar-a-dsk-de-dimitri-casali-917410219_MLDans un souci d’une certaine provocation j’aurais pu appeler ce billet « L’Histoire façon Voici » et cela se serait mieux approcher de mon sentiment concernant ce livre. Je l’ai découvert au cours de pérégrinations au sein de la Médiathèque Malraux à Strasbourg et j’avoue ne pas être déçu du voyage. Il semble être la suite, pour ne pas dire le honteux pompage tant les thématiques et l’angle d’approche semblent proches à en croire la description, d’un autre livre de Dimitri Casali, Sexe et pouvoir. Les dessous de la vie des chefscoécrit avec Antoine Auger. N’étant pas un grand amateur du travail de Dimitri Casali au sein d’Historock ainsi que de ses différentes prises de position autour de l’enseignement de l’Histoire dans le secondaire ou sur le principe d’une « repentance », tout cela ne m’encourageaient pas vraiment à me pencher sur cet ouvrage. De même que le titre et le sous-titre on ne peut plus racoleurs. Malgré tout j’ai pris un peu de temps à le lire, autant pour savoir si la plume de Sandrine Gallotta pouvait écrire quelque chose d’intéressant sur cette thématique que pour savoir de quel degré de médiocrité Dimitri Casali était capable. Par ailleurs il m’a semblé important de le lire ne serait-ce que pour apporter une ébauche de réponse à un travail qui se proclame historique. Pour preuves de cette dernière affirmation nous renvoyons au fait que le livre semble être publié dans la collection « Histoire des sociétés » des éditions de la Martinière (élément non précisé dans l’ouvrage), que Dimitri Casali est désigné comme « historien, spécialiste de Napoléon, auteur de plus d’une trentaine d’ouvrages historiques »

A propos de Sandrine Gallotta, selon la quatrième de couverture du livre, meilleure source d’informations sur elle étant donné que les requêtes dans les moteurs de recherche ne donnent rien de concluant, elle serait :

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Les dates, malaise de l’historien ou l’incompréhension entre la communauté scientifique et la société

Le bâtiment parisien des Archives Nationales, siège du projet de la Maison de l'Histoire de France

Le bâtiment parisien des Archives Nationales, siège du projet de la Maison de l’Histoire de France

Quel historien, ou étudiant en histoire, n’a pas vécu le malaise de l’incompréhension au moment où, lors d’un repas de famille ou d’une discussion avec d’autres non historiens ou non passionnés par Clio, on ne sait pas répondre à la question fatidique du :  » Que s’est-il passé au jour A, mois B de l’année Y ? ». Vu que nous ne sommes pas tous des érudits sur l’ensemble des périodes historiques, cette déconvenue est relativement fréquente. Dans le regard des autres et, allons plus loin, de la société toute entière, c’est comme si nous ne servions à rien puisque nous ne sommes pas en mesure d’effectuer ce qu’elle attends de nous : être une tête bien remplie de dates en tous genres et donc de personnages historiques hauts en couleurs. De même, la mauvaise popularité de l’Histoire, institutionnelle non la discipline en tant que chose intellectuelle et éthérée, vient également, à mon sens, du fait que la communauté universitaire a depuis bien longtemps fait son Bade Godesberg en matière de grands personnages historiques. Après la négation d’un quelconque poids à partir de l’Ecole des Annales, en réaction à leur omniprésence dans l’historiographie positiviste, on doit noter que le genre de la biographie historique revient en force depuis quelques décennies, que cela soit écrit par des membres de la communauté scientifique (Constantin par Vincent Puech ou le Sophocle de Jacques Jouanna) ou des non historiens (comme, par exemple, Francois Bayrou à propos d’Henri IV ou Jack Lang au sujet de Laurent le Magnifique). De même à la télévision avec des émissions telles que Secrets d’histoire ou L’ombre d’un doute. Dans ces deux dernières, la première de manière un peu plus nuancée que la seconde, le souffle épique est désormais couplé à une recherche de divertissement, à grands renforts de sexe, complots, trahisons, argent et autres luxures.

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Historock la commerciale contre Histgeobox la pédagogique

Histgeobox vs Historock. Montage de l'auteur.

Histgeobox vs Historock. Montage de l’auteur.

Le titre de cet article aurait également pu être « l’histoire des grands hommes face à l’histoire par la structure » tant l’opposition est quasiment caricaturale. Pourtant à la base on retrouve une même volonté : populariser, dans le sens de rendre populaire, l’étude de l’histoire grâce à la médiation de la musique. Comme pour de nombreuses choses, si le dessein de départ est absolument louable et rassemble le plus grand nombre, le consensus est beaucoup plus difficile à trouver en ce qui concerne les moyens pour atteindre ce but final. Avant de juger et de choisir le projet qui nous semble le plus intéressant, il faut d’abord les présenter en commençant par Historock.

Historock est parti d’une idée qui a germé dans l’esprit de Dimitri Casali en 1999. Ce dernier est,  selon le site même d’Historock,

Historien, spécialiste de Napoléon, directeur de collection et passionné de musique.

Sa caution pédagogique est donnée par le fait qu’il a été

longtemps professeur d’histoire en ZEP

dans des établissements de Saint-Cloud ou de Cergy-Saint-Christophe. A propos de ses collaborateurs dans le projet, on ne peut pas dire que Dimitri Casali leur laisse une grande place puisqu’ils ne sont cités qu’une seule fois au sein de la section biographique du site alors que l’on parle également du fondateur dans la section concept. Outre le fait que le titre de la partie biographique ne mentionne que Dimitri Casali et non les autres, il est également intéressant de noter que la biographie du fondateur du projet est infiniment plus longue que celle de ses camarades. De même, l’adresse email et l’ensemble des contacts sont au nom du fondateur et non commun au groupe tout entier. In fine, tout ceci peut être vu comme de simples pinaillages, mais à mon sens ils sont révélateurs d’une tendance à la personnalisation. M. Casali veut faire comprendre qu’Historock est son bébé et rien que le sien.

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