l'histoire est un combat

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Les soldats des guerres de décolonisation, des héros ?

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Les sites traitant d’histoire militaire sont nombreux sur le net. Certains très bons, d’autres moins. Le point commun qui relie à peu près toutes ces publications virtuelles est une fascination sans bornes pour la chose armée. Les soldats seraient, quelque soit le combat en question, des hommes valeureux à qui le grand public ne pourrait que, dans bien des cas, tresser des couronnes de louanges. Toutefois, comme l’a rappelé ce contributeur du Plus du Nouvel Observateur par rapport à l’esthétisation de la mort concentrationnaire nazie, traiter un sujet avec une vague de sentimentalisme ou de lamento dans la voix peut effacer tout le contexte pour ne retenir que l’émotion chez la personne qui recevra la production, écrite ou visuelle, en question. Un tel procédé peut poser des questions.

Pour illustrer cette idée, je voudrais prendre un exemple très récent trouvé sur le net au cours d’une pérégrination. Il s’agit d’un article récent du site Theatrum Belli titré « Hommage aux combattants d’Indochine (11 mai 2014) ». Celui-ci est une invitation de la part d’un « Collectif pour le souvenir des héros d’Indochine » à un événement de commémoration consistant en un « Hommage aux combattants d’Indochine ». Outre cela, les spectateurs de cet événement ne seront pas appelés à exercer un regard critique puisqu’il sera question de faire « Gloire aux héros d’Indochine ! ». De plus, la présence de nombreux militaires comme intervenants ainsi que le parrainage de Jean Luciani, ancien combattant d’Indochine et ex-prisonnier du Vietminh, n’encourage pas, malheureusement, à une vision critique des événements militaires indochinois.

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Ne pas oublier Sétif

Messali Hadj (1898-1974), initiateur des révoltes de Sétif

Messali Hadj (1898-1974), initiateur des révoltes de Sétif

En ce 8 mai 2013, et comme tous les 8 mai depuis 1945, la République Française a fêté la victoire alliée sur le front européen de la Deuxième Guerre mondiale et la fin du régime nazi en Allemagne. Toutefois, si célébrer les victoires est toujours agréable et doit être fait, il ne faut pas oublier qu’en ce même 8 mai 1945 des émeutes réclamant l’indépendance ont eu lieu en Algérie. Outre la centaine de Français morts durant ces incidents, certaines estimations tendent à affirmer que les morts algériennes dues à la répression étatique française tournent autour des 10.000 individus. Loin de nous l’idée de dire que les morts algériennes sont plus ou moins dramatiques que les décès français, mais pour réellement regarder toute la vérité en face il ne faut pas oublie qu’au même moment où la France fêtait l’effectivité de sa libération et de son indépendance retrouvée, elle déniait armes à la main ces droits aux Algériens.

Les forfaitures intellectuelles de Bernard Lugan

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Bras d’honneur de Bernard Longuet dans l’émission « Preuve par 3 » sur LCP le 30 octobre 2012 suite à une question de la journaliste portant sur la demande de l’Algérie pour une « reconnaissance franche des crimes perpétrés par le colonialisme français ».

Dès l’époque de la décolonisation, le combat a été féroce pour savoir si le colonisateur était responsable de déprédations ou autres exactions sur les populations colonisées ou si son action était le résultat d’une « oeuvre bienfaitrice » qui aurait émancipée les populations locales de la « barbarie » qui les aurait soi-disant caractérisée précédemment. Nous sommes désormais loin de discours aussi caricaturaux, même si on retrouve dans une certaine mesure un peu de l’accusation de « barbarie » pré-coloniale avec les dires de Nicolas Sarkozy lors de sa visite à Dakar en 2007. Néanmoins, il demeure que des reliques mémorielles sont encore en circulation actuellement et que ces débats ont pris des tours souvent identitaires voir politiques. Néanmoins, il serait faux de croire que ces confrontations idéologiques ne sont l’oeuvre que de personnes de la « société civile » (associations, politiques, etc.) et que les historiens seraient loin de tout cela ou n’agiraient, souvent à bon droit, que comme des « redresseurs de torts ».

Le but de ce billet est de s’attaquer à un débat au sein duquel certains historiens brillent par un oubli manifeste de la méthode historique, mais aussi par une vision idéologique des choses. Le sujet abordé est relativement ancien, mais il a connu de récents rebondissements en octobre dernier du fait d’évènements, de déclarations officielles et des réactions qu’il a suscités. Il s’agit de la véracité, de l’ampleur et de la nature de la répression de la manifestation illégale du FLN à Paris le 17 octobre 1961.

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