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Controverse autour des missions du CVUH. Le syndrome du social-traître ?

Be-CredibleComme nous l’avons fait remarquer sur la page Facebook de ce blog, nous connaissons et apprécions le principe qui a amené à la création du CVUH (Comité de Vigilance sur les Usages publics de l’Histoire) ainsi que, de façon générale, leur travail, même si nous avions déjà émis une petite série de critiques au moment de leur débat avec Guillaume Foutrier. En effet, en conclusion de ce billet ancien, nous expliquions alors que nous prenions quelque peu nos distances avec le Comité.

Les légères outrances verbales de Guillaume Foutrier auront eu le mérite de faire parler, comme le prouve la longueur et le nombre des commentaires sur les différents articles du « dossier », ainsi que nous amener à clarifier certaines situations. De fait, si nous apprécions généralement le travail des membres du CVUH – avec qui nous avons eu l’honneur de travailler – et de l’Aggiornamento, nous en venons à penser que sur certains sujets, nos convictions sont en contradiction avec les leurs. La guerre picrocholine de Guillaume Foutrier aura, donc, au moins eu cet intérêt : mettre nos idées au clair sur ces questions et tracer notre propre chemin en dehors de ces associations.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler avec eux sur la figure de Bernard Lugan et ses falsifications inadmissibles autour des événements du 17 octobre 1961. Toutefois, outre des querelles de personnes qui n’intéressent que les principaux protagonistes et sur lesquelles nous ne nous appesantirons pas plus, désormais il va nous être impossible de collaborer avec eux, ce que nous regrettons. Passé les conflits égotistes, notre rupture avec le CVUH tient surtout à des raisons de fond.

Naissance de la polémique

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De la guerre picrocholine de Guillaume Foutrier

Illustration du "Quart livre" de François Rabelais par Gustave Doré (1832-1883)

Illustration du « Quart livre » de François Rabelais par Gustave Doré (1832-1883)

Les lignes qui vont suivre auraient dues être écrites il y plusieurs semaines, mais les impératifs des révisions de l’agrégation et désormais du CAPES m’ont obligés à repousser ce travail d’écriture jusqu’à aujourd’hui. De fait, je voudrais parler de la série de deux articles publiés par Guillaume Foutrier sur son blog et intitulée « A propos de la gauche, de l’histoire et « du roman national » « . Le premier article est lisible ici, alors que le second l’est . Le ton en est volontairement polémique puisqu’il s’agit d’une

Lettre ouverte aux historiens « rénovateurs » et autres « usagers » de la Congrégation pour la Vérité Universitaire de l’Histoire

A noter que depuis il a récidivé dans sa critique du CVUH avec un nouveau billet au titre provocateur : « La gauche qui fait genre ».

Certains penseront que mettre en lumière un épiphénomène, un peu d’écume au sein de la vaguelette du net historique français, n’est pas réellement très intéressant. C’est vrai. Surtout plus d’un mois et demi après le début de la polémique. Toutefois, je tiens à le faire parce que ça va me permettre d’apporter quelques précisions de biographie personnelle ainsi que d’adopter un positionnement quelque peu critique vis-à-vis d’un collectif dont j’apprécie globalement le travail, mais avec qui j’ai aussi certaines divergences. Le lecteur pourra ainsi se faire une opinion un peu plus complète en ce qui concerne ma position d’énonciation.

Avant de commencer, comme à mon habitude, je vais m’intéresser en détail à l’identité de l’auteur. Non pas nécessairement pour affirmer, par la suite, que la prose de Guillaume Foutrier est orientée, mais pour mettre en évidence son point de vue et à partir de quel positionnement, politique, historiographique ou idéologique, il s’exprime. De fait, Guillaume Foutrier est, sans nul doute réellement possible, un historien universitaire. Il possède assurément une formation historique universitaire, et il s’annonce lui-même, dans les commentaires de la « non-réponse » d’Olivier Favier à ses articles, comme « professeur agrégé ». Il demeure qu’il semble spécialisé en histoire moderne comme le prouvent son sujet de thèse, « Les marchands de Rouen, 1700-1815 », et sa contribution lors d’un colloque (dont sera tiré un livre) consacré à Gérard Gayot. Hormis cela, les quelques menues recherches que j’ai effectuées sur son compte ne permettent pas de démontrer que Guillaume Foutrier possède une affiliation partisane connue.

Les « anti-Deutsch » sont-ils tous « de gauche » ?

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La vulgarisation en Histoire, quels enjeux mais surtout quelles méthodes ?

cvuh_violetC’est avec une certaine joie que j’ai appris la thématique de la prochaine journée d’études organisée par le CVUH puisqu’il s’agit  d’un thème qui me tient fortement à coeur, la « vulgarisation » de l’Histoire. Le titre en est « Vulgariser les savoirs historiques, quels enjeux ? » et la journée se déroulera le samedi 8 juin prochain au Centre Malher à Paris. Je reproduis ci-après l’introduction des organisatrices de la journée, Véronique Servat et Laurence de Cock, ainsi que le programme :

« Vulgarisation » : voilà une notion que d’aucuns considèrent comme très encombrante tant elle véhicule un arrière-goût de simplisme ou de sabotage de la noblesse du savoir académique. Pour autant, la nécessité de rendre accessibles à tous des savoirs produits par la communauté scientifique relève d’une éthique de la recherche qui ne se pense pas enfermée dans sa tour d’ivoire et soumise aux seules règles de la cooptation.

La vulgarisation de l’histoire peut donc s’entendre comme un usage public de l’histoire permettant de produire du bien commun ; elle participe à la ventilation des savoirs et à la construction d’une intelligence collective du passé. En ce sens, la vulgarisation de l’histoire, loin d’être une trahison du savoir savant, pourrait bien apparaître comme une mesure de salubrité démocratique. Soumise à des injonctions de vérité, devant déjouer toute trahison ou instrumentalisation, l’histoire vulgarisée jouit de la liberté créative de la fiction, de l’art, et d’autres multiples lieux dont certains restent encore à inventer.

Pour ne pas la laisser aux mains de faussaires souvent au service de la revitalisation d’idéologies réactionnaires, nous avons souhaité, par cette journée, contribuer à dessiner les contours d’une vulgarisation de l’histoire socialement utile et éthiquement irréprochable.

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