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Le « fascisme rouge » et autres inepties historiques de l’extrême-droite

Affiche de 1919 du Groupement économique de Sceaux et Saint-Denis

Affiche de 1919 du Groupement économique de Sceaux et Saint-Denis

En lisant ce titre, certains lecteurs critiques pourraient être tentés de penser « Arf encore un article de « FN/extrême-droite bashing » par un gauchiasse ou une socialope » (insultes que l’on retrouve souvent dans la « fachosphère » pour parler des citoyens considérés comme « de gauche »). J’aimerais être égalitaire et consacrer autant de lignes de critique contre l’extrême-gauche que ce que j’ai fait/je fais/je vais faire contre l’extrême-droite, mais il demeure qu’actuellement nous sommes face, je crois, à une relative « offensive » de ce courant de pensée vis-à-vis de l’histoire et ce de manière beaucoup plus globale et massive. Si la plupart du temps, les argumentaires extrême-droitiers prennent argument de personnages ou de faits historiques pour défendre le bien-fondé de leur pensée. Celle-ci s’inscrirait, selon eux, dans un certain « bon sens des anciens ». Néanmoins, il arrive parfois que la prose à dominante historique ait pour but de jeter l’opprobre sur « l’ennemi », depuis la « bien-pensance boboïsante » jusqu’à la nébuleuse « de gauche ».

C’est à cette seconde catégorie de discours que je voudrais m’intéresser aujourd’hui. De fait, la qualité d’argumentation est, comme nous le verrons, plutôt proche du néant absolu. Je devrais même plutôt parler de « troll » ou de « taunt » – comme on dit sur les Internets – que de pensée réellement construite et réfléchie. Les amalgames y sont nombreux. Il n’en demeure pas moins qu’un historien se doit, je crois, de « monter au front » (sans mauvais jeu de mots) pour mettre en lumière les faiblesses intellectuelles de la pensée frontiste et extrême-droitière à travers l’exemple de ses récupérations historiques. Les trois exemples traités dans ce billet ; le fantasmatique « fascisme rouge », le caractère « socialiste », donc « de gauche », du régime nazi ainsi que le chiffrage des morts « du communisme » ; s’adossent à la même dialectique : amalgamer différentes thématiques réelles (avec si possible la création d’un « slogan-qui-fait-peur ») et démontrer, in fine que « la gauche » – concept, je le rappelle, aux contours flous mais très englobants pour ces personnes – est bien plus « nocive » pour l’humanité que l’extrême-droite. Le tout dans un mouvement de renversement de table à grand renfort de dénonciation d’une hypothétique « omerta culturelle » imposée par « la gauche ».

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Le communisme et la démocratie

Karl Marx (1818-1883), Friedrich Engels (1820-1895) et Vladimir Lénine (1870-1924). Image de propagande

Karl Marx (1818-1883), Friedrich Engels (1820-1895) et Vladimir Lénine (1870-1924). Image de propagande

A travers des suggestions « amicales », merci Facebook, j’ai récemment découvert le webmagazine Ragemag.fr et au sein de celui-ci un article au style incisif et intéressant. Celui-ci a pour titre « Besancenot ou l’internationalisme des imbéciles », ce qui a au moins le mérite d’être clair et de prendre une position assumée, et provient de la plume de Galaad Wilgos. Outre sa verve, cet article possède d’indéniables qualités, notamment celui de proposer un petit historique des luttes au sein de l’extrême-gauche de la seconde moitié du XXème siècle, ce qui lui vaut d’apparaître ici.

Toutefois, avant de reproduire le texte, je voudrais malgré un certain désaccord historien sur une certaine façon d’appréhender. En effet, affirmer que le système et la pensée politique communiste sont mauvais à partir des exemples passés, les fameuses « leçons d’un XXe siècle jonché de ses erreurs », et présents, la Corée du Nord étant le dernier avatar d’un communisme politique affirmé, est, à mon sens, un peu abusive. De fait l’ensemble des pays qui, à ma connaissance, ont connus une période communiste, choisie sciemment et non imposée comme dans le cas de l’Allemagne de l’Est, sont des territoires ne possédant pas une culture démocratique fermement et longuement établie, à l’instar de la France, de l’Angleterre ou des Etats-Unis par exemple. Par conséquent, ne peut-on pas envisager l’hypothèse que l’idéologie politique communiste, dans ses fondements idéologiques, n’est pas si foncièrement antidémocratique que les différents exemples habituellement allégués tendraient à le faire croire ? Néanmoins, l’exemple de Cuba durant la première moitié du XXème siècle pourrait venir battre en brèche cette démonstration. Il faudrait creuser cette hypothèse.

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