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Taiwan, une histoire trop sino-centrée ?

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Drapeau de l’éphémère république de Formose, née et morte au cours de l’année 1895

Parfois ce sont des rencontres anodines ou des « événements » quotidiens qui amènent à s’intéresser à de nouveaux pans d’histoire, à aiguiser sa curiosité et son esprit critique. Et ce même en vacances. Car oui, un historien est un historien tout le temps. Sinon il n’est pas. Ce nouveau billet de blog va donc évoquer quelques réflexions suite à des vacances personnelles sur « l’île merveilleuse », ou Ilha Formosa comme l’ont appelée les Portugais au XVIème siècle. Nous allons donc essayer de parler de Taiwan, son histoire, le rapport à l’histoire des différents acteurs de la société taiwanaise et les tensions entraînées par des visions du sujet souvent assez antagonistes. Cela va sans dire que notre point de vue n’est que celui d’un touriste, touriste-historien attentif au événements qui se déroulent autour de lui, mais touriste malgré tout, donc bien plus amateur qu’expert de Taiwan. Il convient donc de prendre les prochaines lignes à leur propre valeur.

Le cas complexe de la période coloniale : oublier sciemment les faits pour poursuivre l’utopie d’une seule et unique « République de Chine » [1]

Tout d’abord, la vie quotidienne est ponctuée d’un fait qui, même s’il est anodin, ne lasse pas pour autant de nous interroger. En effet, comme le prouve la photo ci-dessous, prise à la gare de Chiayi (centre-sud du pays), le calendrier en vigueur à Taiwan n’est pas, bien entendu, le calendaire grégorien. Par conséquent, le point de départ de ce comput ne saurait être, comme dans nos pays occidentaux, la naissance de Jésus. Il nous serait aisément possible de réitérer cette petite expérience et ce das des endroits aussi divers que des supérettes ou des cinémas. Tout cela pour bien mettre en évidence qu’officiellement, pour l’administration de l’Etat régissant le territoire de la République de Chine, le calendrier est régi par le système du minguo calendar (Mínguó Jìyuán – 民國紀元). De même, pour les usages quotidiens des simples citoyens et habitants.

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Marine Le Pen, l’histoire et le souffle épique

Marine Le Pen à l'occasion de son discours sur la place de l'Opéra à Paris, le 1er mai 2014. Comme d'autres, notamment Charles Martel, Jeanne d'Arc est une figure historique tutélaire pour le parti d'extrême-droite.

Marine Le Pen à l’occasion de son discours sur la place de l’Opéra à Paris, le 1er mai 2014. Comme d’autres, notamment Charles Martel, Jeanne d’Arc est une figure historique tutélaire pour le parti d’extrême-droite.

En cette veille du second tour des élections départementales, un petit billet court pour faire état d’une réflexion fugace suite à la découverte des travaux de Cécile Alduy, notamment de son dernier ouvrage [1], avec le visionnage de cette vidéo. Cette dernière y présente et y résume, au cours d’un débat organisé par la Fondation Jean Jaurès, son propos, qui est d’affirmer que si la forme du discours de la députée européenne a subie de nombreuses modifications du fait de la stratégie de « dédiabolisation » du Front National, le fond est, quant à lui, demeuré le même. Chacun tirera les conclusions politiques et citoyennes d’un tel argumentaire, infirmer ou confirmer cela ne sera pas le but de ce billet.

En effet, en tant qu’historien nous y avons perçu autre chose. De fait, comme cela ne saurait être réellement une surprise, l’analyse des ressorts intellectuels et idéologiques des discours des élus frontistes mettent en évidence, sur le plan historique, une importance très forte de l’histoire nationale, avec tout son cortège de référentiels chronologiques et autres « grands personnages ». Tout cela se place très clairement dans l’optique d’un rappel des « grandeurs » de la France. Une version revue et corrigée façon 2015 de l’histoire de France telle que mise en récit durant la IIIème République. Rien d’exceptionnel donc.

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Controverse autour des missions du CVUH. Le syndrome du social-traître ?

Be-CredibleComme nous l’avons fait remarquer sur la page Facebook de ce blog, nous connaissons et apprécions le principe qui a amené à la création du CVUH (Comité de Vigilance sur les Usages publics de l’Histoire) ainsi que, de façon générale, leur travail, même si nous avions déjà émis une petite série de critiques au moment de leur débat avec Guillaume Foutrier. En effet, en conclusion de ce billet ancien, nous expliquions alors que nous prenions quelque peu nos distances avec le Comité.

Les légères outrances verbales de Guillaume Foutrier auront eu le mérite de faire parler, comme le prouve la longueur et le nombre des commentaires sur les différents articles du « dossier », ainsi que nous amener à clarifier certaines situations. De fait, si nous apprécions généralement le travail des membres du CVUH – avec qui nous avons eu l’honneur de travailler – et de l’Aggiornamento, nous en venons à penser que sur certains sujets, nos convictions sont en contradiction avec les leurs. La guerre picrocholine de Guillaume Foutrier aura, donc, au moins eu cet intérêt : mettre nos idées au clair sur ces questions et tracer notre propre chemin en dehors de ces associations.

Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler avec eux sur la figure de Bernard Lugan et ses falsifications inadmissibles autour des événements du 17 octobre 1961. Toutefois, outre des querelles de personnes qui n’intéressent que les principaux protagonistes et sur lesquelles nous ne nous appesantirons pas plus, désormais il va nous être impossible de collaborer avec eux, ce que nous regrettons. Passé les conflits égotistes, notre rupture avec le CVUH tient surtout à des raisons de fond.

Naissance de la polémique

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