l'histoire est un combat

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Monthly Archives: novembre 2014

Assassin’s Creed Unity et la mémoire politique

Voici donc à quoi ressemble l'obscur objet de cette tempête dans un verre d'eau

Voici donc à quoi ressemble l’obscur objet de cette tempête dans un verre d’eau

Que de débats ! Que de réactions épidermiques ! Que de lignes – souvent intelligentes, parfois beaucoup moins – écrites à propos de la toile de fond historique du jeu vidéo Assassin’s Creed Unity, sorti récemment sur consoles et PC. Tous les acteurs ayant pris part à l’élaboration de ce « produit culturel » (concepteurs du jeu vidéo, historiens ayant eu fonction de conseillers historiques [Laurent Turcot et Jean-Clément Martin] etc…) ont répondu à l’accusation en diabolisation de la période de la Révolution française et du personnage de Maximilien Robespierre, lancée par deux cadres du Parti de Gauche, Jean-Luc Mélenchon et Alexis Corbière. De même, les médias ont convoqué l’avis d’autres historiens de la période révolutionnaire, notamment Michel Biard, Hervé Leuwers et Guillaume Mazeau.

A la lumière de tout ce qui a déjà été écrit ou exprimé sur le sujet, on pourrait légitimement s’interroger sur la pertinence et l’intérêt de notre bafouille actuelle dans la polémique. Avec nos faibles moyens et notre sommaire connaissance de la pléthorique historiographie de la Révolution française, nous voudrions essayer de prendre un peu de hauteur pour raisonner en termes de place de l’historien dans la société et du rapport de segments de la société française à l’histoire. Notre angle d’interrogation de la polémique ne s’attachera donc pas réellement aux faits, notamment parce qu’il a été clairement démontré que des erreurs factuelles se sont glissées, de manière plus ou moins volontaires, dans le scénario du jeu et que donc tout propos supplémentaire ne serait qu’une redite moins bien écrite des arguments d’autrui.

Alexis Corbière et l’histoire, ou quand l’enfer est pavé de bonnes intentions

Nous n’avons pas nécessairement et à priori de problème politique avec Alexis Corbière. Nous ne le détestons pas, lui et les camarades de son parti, pour ce qu’ils sont, une certaine partie de la gauche française, ou pour ce qu’ils pensent sur les grands sujets de tourments de la société française actuelle. En revanche, nous avons plus de mal à apprécier les diverses sorties historiques de l’homme politique parisien.

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Lorant Deutsch et les deux universitaires

La métaphore choisie par Benoit Vaillot était, certes, un peu triviale, mais elle a l'intérêt de bien mettre en avant ce qu'est l'histoire "à la Lorant Deutsch", un sous-produit industriel.

La métaphore choisie par Benoit Vaillot était, certes, un peu triviale, mais elle a l’intérêt de bien mettre en avant ce qu’est l’histoire « à la Lorant Deutsch », un sous-produit industriel.

Comme nous l’expliquions dans notre dernier billet, les articles de ce blog se font peu à peu plus espacés les uns des autres. Cela ne revient pas à affirmer que nous nous désintéressons grandement des dernières actualités concernant les usages publics de l’histoire ainsi que des différents acteurs qui s’agitent. Dans les brouillons de ce blog et dans notre esprit, des opinions concernant les prises de position d’Eric Anceau, certaines des questions mises au programme des concours de l’enseignement ou encore au sujet des récentes commémorations du premier conflit mondial, dorment, n’attendant qu’une plus grande amplitude horaire pour être écrits.

Dans ces conditions, nous ne pouvons livrer que des billets dont la conception est relativement rapide, contrairement à la nécessaire recherche, compilation et déconstruction de discours des articles en préparation énoncés précédemment. Par conséquent, nous voudrions revenir rapidement sur la dernière apparition médiatique de Lorant Deutsch lors du talk show, Un soir à la tour Eiffel.

Avant de rentrer dans le vif du sujet, nous tenons à signaler que le titre de cet article ne cache aucun mépris larvé pour les deux intervenants, Benoit Vaillot et Thibault Le Hégarat. Pour avoir déjà un peu discuté avec eux sur Twitter, nous savons pertinemment que ce sont des personnes appréciables – au moins historiquement parlant – et qu’elles sont compétentes, le premier étant agrégé d’histoire et le second certifié et doctorant en histoire contemporaine. En outre, le texte [1] expliquant les raisons de leur choix de participer à l’émission est excellent.

Non, le point qui nous intéresse tout particulièrement aujourd’hui se situe plutôt du côté de France 2 et de la société de production de l’émission Un soir à la tour Eiffel, Troisième Oeil productions. Une fois de plus nous voudrions réfléchir à voix haute, dans une perspective métahistorique, à la place de l’histoire et des historiens dans la société française, et ce à travers l’exemple des médias. Par conséquent, nulle opération de « fact checking » ou de déconstruction de la prose ferrando-deutschienne ne sera entreprise ici.

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