l'histoire est un combat

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Monthly Archives: février 2014

Popularisation et masse des mots

Logo de l'association "La Sorbonne à l'école"

Logo de l’association « La Sorbonne à l’école »

Retrouver des amis ou autres camarades de promotion universitaire est toujours une expérience agréable, surtout lorsque ceux-ci nourrissent, par leurs remarques, ma propre réflexion sur certains sujets, notamment leur vision de mon aventure blogueuse. J’ai récemment eu l’occasion de réinterroger mon point de vue grâce à l’aide de Cédric Leclerc, ami de fac et archéologue de son état. Au fil d’une discussion à bâtons rompues, ce dernier m’a interpellé sur la longueur de mes articles en partant de l’opinion qu’une personne comme lui, intéressé par la matière historique, avait déjà du mal à aller au bout de mes billets du fait de leur longueur, alors une personne lambda, le Jacques Bonhomme qui avait apprécié ses cours d’histoire-géographie lors de ses classes collégiennes ou lycéennes mais qui n’a pas depuis prolongé l’intérêt par des lectures supplémentaires, serait encore plus ennuyée. En somme, la masse des mots pourrait être, comme c’est compréhensible, un frein à la lecture de mes écrits. Je dois également confesser être parfois affecté par le syndrome du « j’ai-pas-envie-de-lire-un-pavé-inintéressant-et-mal-écrit ».

Cet argumentaire se tient et appelle de ma part une réflexion sur deux plans, un personnel et l’autre plus général. De fait, l’un des buts de ce blog est, entre autres, d’oeuvrer à une certaine popularisation du savoir historique, même si – il est vrai – cet aspect est moins présent ces derniers temps. Par conséquent, cette interrogation sur ma prose me force à questionner mon embryonnaire façon d’écrire. Cela semble être un élément récurrent puisque je faisais déjà état, il y a tout juste un an, de remarques similaires, ce que d’autres commentateurs avaient plus ou moins confirmés. Par ailleurs, le caractère quelque peu embrouillé de ma pensée, écrite ou orale, a toujours été, et ce dès ma scolarité obligatoire, un reproche récurrent. Je ne prétends absolument pas être un écrivain ou quelqu’un avec un « style littéraire » particulier. J’essaye simplement de rendre l’état de ma pensée de la façon la plus honnête et la plus limpide possible. Pas de manière satisfaisante, il faut le croire. J’en prends bonne note.

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Aux musulmans et aux femmes, la Patrie reconnaissante

Vue panoramique de l'intérieur du Panthéon de Paris

Vue panoramique de l’intérieur du Panthéon de Paris

Comme souvent pour nombre de personnes écrivant régulièrement – je ne me qualifierais pas « d’écrivain », cela serait usurpé cette qualité – , les idées et les mots de critique viennent plus rapidement et plus facilement que les louanges et autres félicitations. C’est le cas pour moi. Peut-être du fait que j’ai beaucoup de colère en moi ainsi qu’un positionnement intellectuel hypercritique. Il demeure que cela explique, au moins en partie, la plus forte propension de mes écrits blogueurs à pointer ce qui, je crois, ne va pas plutôt que ce qui fonctionne et mériterait des applaudissements. Le billet qui va suivre a pour ambition de combler, au moins un peu, ce fossé béant.

Toutefois, avant de commencer à louer l’action mémorielle récente, je voudrais revenir en quelques lignes sur une réflexion interne à ce blog et sur son cheminement. Certains – notamment Fadi El Hage, ma conscience « objectivisante » – m’ont fait remarqué, avec une certaine pertinence, que cet espace de réflexion personnel tendrait à devenir, d’une certaine manière, une « plateforme militante » penchant plutôt vers la gauche de l’échiquier parlementaire actuel, ou tout moins s’opposant avec virulence contre l’eextrême-droite dans toutes ses tendances. Outre le fait que cela serait se méprendre sur mes convictions citoyennes profondes, cela n’est pas non plus rendre complètement à ce blog. A la vue des derniers articles, au moins depuis l’hébergement sur ce nouveau blog, on ne saurait dire que tous sont dirigés contre l’extrême-droite. Et si cette dernière mouvance politique est plus souvent cible de mes critiques, c’est aussi pour la bonne raison que c’est une littérature prolifique et que l’on assiste, comme l’ont démontré les auteurs des « Historiens de garde », à une résurgence forte d’une volonté de présence historique par ces courants. De même, le « fact-checking » sur la pertinence de déclarations récentes n’a pas, non plus, été ma seule et unique préoccupation. J’en veux pour preuve, par exemple, ce billet sur l’utilité sociale de l’histoire. Toutefois, il n’en demeure pas moins que cela me ramène à la nécessaire précaution et l’impérieuse vigilance sur ma propre façon de procéder et la part d’engagement civique dans mes écrits. C’est pourquoi j’encourage chaque lecteur à me faire part des articles ou autres lectures dans laquelle une manipulation historique de la part d’une personnalité se déclarant comme « de gauche » se ferait jour. Cela peut avoir lieu à travers les commentaires ci-dessous ou à cette adresse mail : michel.deniau@hotmail.fr.

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Le « fascisme rouge » et autres inepties historiques de l’extrême-droite

Affiche de 1919 du Groupement économique de Sceaux et Saint-Denis

Affiche de 1919 du Groupement économique de Sceaux et Saint-Denis

En lisant ce titre, certains lecteurs critiques pourraient être tentés de penser « Arf encore un article de « FN/extrême-droite bashing » par un gauchiasse ou une socialope » (insultes que l’on retrouve souvent dans la « fachosphère » pour parler des citoyens considérés comme « de gauche »). J’aimerais être égalitaire et consacrer autant de lignes de critique contre l’extrême-gauche que ce que j’ai fait/je fais/je vais faire contre l’extrême-droite, mais il demeure qu’actuellement nous sommes face, je crois, à une relative « offensive » de ce courant de pensée vis-à-vis de l’histoire et ce de manière beaucoup plus globale et massive. Si la plupart du temps, les argumentaires extrême-droitiers prennent argument de personnages ou de faits historiques pour défendre le bien-fondé de leur pensée. Celle-ci s’inscrirait, selon eux, dans un certain « bon sens des anciens ». Néanmoins, il arrive parfois que la prose à dominante historique ait pour but de jeter l’opprobre sur « l’ennemi », depuis la « bien-pensance boboïsante » jusqu’à la nébuleuse « de gauche ».

C’est à cette seconde catégorie de discours que je voudrais m’intéresser aujourd’hui. De fait, la qualité d’argumentation est, comme nous le verrons, plutôt proche du néant absolu. Je devrais même plutôt parler de « troll » ou de « taunt » – comme on dit sur les Internets – que de pensée réellement construite et réfléchie. Les amalgames y sont nombreux. Il n’en demeure pas moins qu’un historien se doit, je crois, de « monter au front » (sans mauvais jeu de mots) pour mettre en lumière les faiblesses intellectuelles de la pensée frontiste et extrême-droitière à travers l’exemple de ses récupérations historiques. Les trois exemples traités dans ce billet ; le fantasmatique « fascisme rouge », le caractère « socialiste », donc « de gauche », du régime nazi ainsi que le chiffrage des morts « du communisme » ; s’adossent à la même dialectique : amalgamer différentes thématiques réelles (avec si possible la création d’un « slogan-qui-fait-peur ») et démontrer, in fine que « la gauche » – concept, je le rappelle, aux contours flous mais très englobants pour ces personnes – est bien plus « nocive » pour l’humanité que l’extrême-droite. Le tout dans un mouvement de renversement de table à grand renfort de dénonciation d’une hypothétique « omerta culturelle » imposée par « la gauche ».

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