l'histoire est un combat

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Monthly Archives: avril 2013

Le communisme et la démocratie

Karl Marx (1818-1883), Friedrich Engels (1820-1895) et Vladimir Lénine (1870-1924). Image de propagande

Karl Marx (1818-1883), Friedrich Engels (1820-1895) et Vladimir Lénine (1870-1924). Image de propagande

A travers des suggestions « amicales », merci Facebook, j’ai récemment découvert le webmagazine Ragemag.fr et au sein de celui-ci un article au style incisif et intéressant. Celui-ci a pour titre « Besancenot ou l’internationalisme des imbéciles », ce qui a au moins le mérite d’être clair et de prendre une position assumée, et provient de la plume de Galaad Wilgos. Outre sa verve, cet article possède d’indéniables qualités, notamment celui de proposer un petit historique des luttes au sein de l’extrême-gauche de la seconde moitié du XXème siècle, ce qui lui vaut d’apparaître ici.

Toutefois, avant de reproduire le texte, je voudrais malgré un certain désaccord historien sur une certaine façon d’appréhender. En effet, affirmer que le système et la pensée politique communiste sont mauvais à partir des exemples passés, les fameuses « leçons d’un XXe siècle jonché de ses erreurs », et présents, la Corée du Nord étant le dernier avatar d’un communisme politique affirmé, est, à mon sens, un peu abusive. De fait l’ensemble des pays qui, à ma connaissance, ont connus une période communiste, choisie sciemment et non imposée comme dans le cas de l’Allemagne de l’Est, sont des territoires ne possédant pas une culture démocratique fermement et longuement établie, à l’instar de la France, de l’Angleterre ou des Etats-Unis par exemple. Par conséquent, ne peut-on pas envisager l’hypothèse que l’idéologie politique communiste, dans ses fondements idéologiques, n’est pas si foncièrement antidémocratique que les différents exemples habituellement allégués tendraient à le faire croire ? Néanmoins, l’exemple de Cuba durant la première moitié du XXème siècle pourrait venir battre en brèche cette démonstration. Il faudrait creuser cette hypothèse.

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Des racines fantasmées de la France

GauloisDébusquer les inepties historiques de l’extrême-droite est devenue au cours de ces derniers mois une de mes marottes préférées. Non que je me concentre, comme certains commentaires l’ont insinué, uniquement sur elle, mais, contrairement à l’extrême-gauche, cet autre courant politique produit une littérature « historique » extrêmement fournie, en ce sens qu’elle est nombreuse et riche d’enseignements. Des sites comme celui de Fdesouche, dans sa version dédiée à l’histoire ou pas, ou d’autres se présentant comme des organes de presse indépendant et neutres, Boulevard Voltaire et Egalité et Réconciliation, sont les principaux maîtres d’oeuvres numériques de cette littérature. Toutefois, notre attention a récemment été attirée par le site Résistance Républicaine et notamment un article en particulier. Celui-ci dénommé « Les socialistes font disparaître nos racines grecques et latines, seule Marine le Pen s’insurge ! » et provient de la plume de Christine Tasin, agrégée et ex-professeure de lettres classiques. Cette dernière tient un blog personnel et est fondatrice du site Résistance Républicaine ainsi que contributrice régulière de Boulevard Voltaire et Egalité et Réconciliation. Avant d’en venir à sa prose proprement dite, signalons qu’un portrait retraçant son parcours politique et intellectuel est disponible sur le site du journal Libération en date de mars 2011.

Ce texte se veut un brûlot contre la probable réforme prochaine du concours du CAPES de lettres classiques, qui serait fondu dans les concours des lettres mais avec des options. Toutefois, quelques phrases démontrent très vite le caractère identitaire qui est assigné à l’enseignement des langues anciennes, latin et grec. Pour exemple citons :

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Avoir deux passions dans sa vie

Clio, muse de l’Histoire (1689) de Pierre Mignard (1612-1695)

Clio, muse de l’Histoire (1689) de Pierre Mignard (1612-1695)

Malgré ce que je semble faire croire par les lignes écrites sur ce blog, je ne suis pas qu’un étudiant historien tatillon et hypercritique. Je suis aussi un homme. A ce titre je ne sais pas si je suis hypersensible aux changements de climat et d’atmosphère, mais alors que, comme le temps strasbourgeois, mon moral était plutôt au beau fixe ces derniers jours, aujourd’hui, 26 avril, les nuages assombrissent le ciel et mon travail s’en ressent. Actuellement je me suis pleinement lancé dans la préparation d’hypothétiques oraux d’agrégation et des écrits du CAPES, prévus en juin, mais l’angoisse de ne pas pouvoir boucler le programme de manière satisfaisante, et donc de ne pas pouvoir défendre ses chances a 100%, commence à m’étrangler. Je crois que dans ces cas là il faut savoir se remémorer pourquoi on s’agite et on donne de très nombreuses heures et une énergie folle.

Je m’agite pour l’histoire. Pour la compréhension de cette discipline exigeante et totalisante qui m’a, en partie, appris la passion, mais aussi la modération. A travers elle j’essaye de m’accomplir en tant qu’être humain intellectuel. Mais ce ne sont pas ces sentiments un peu éthérés qui m’incline à vouloir participer à la popularisation de l’Histoire. Uniquement le vœu pieux d’un citoyen qui désire contribuer à la diffusion du savoir.

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