l'histoire est un combat

Accueil » 2012 » décembre

Monthly Archives: décembre 2012

Jacques Sigot à France Culture

Jacques Sigot dans les ruines du camp de Montreuil-Bellay

Jacques Sigot dans les ruines du camp de Montreuil-Bellay

Ne pouvant pas tout le temps être à l’écoute d’un poste de radio entre 9 heures et 10 heures pour écouter l’émission La Fabrique de l’Histoire d’Emmanuel Laurentin sur France Culture, je l’écoute depuis peu en podcast. Ayant beaucoup de retard j’ai écouté récemment l’intervention de Jacques Sigot, historien de la ville de Montreuil-Bellay, Maine-et-Loire, diffusé initialement le 26 novembre dernier. Je ne connaissait pas cette personne avant l’émission et dans un premier temps j’ai été surpris par son parcours complètement non-universitaire et non-historien. Sa reconnaissance par le « milieu » était malgré tout pour moi un bon aiguillon et j’écoute avec une certaine confiance critique. Au final je crois que je me sens beaucoup plus proche de la façon de travailler de Jacques Sigot que je le pensais au départ.

Plusieurs propos m’ont interpellé. Le premier concerne la méthode historique. Jacques Sigot explique (à environ 15 minutes) :

Je suis autodidacte, je n’ai pas la structure d’un historien qui a un schéma qui va suivre son idée pour arriver…, moi je ne sais pas où je vais et j’y vais

(suite…)

Historien ou historiographe ? Retour sur la définition d’un mot galvaudé

La muse Clio, muse de l'Histoire

La muse Clio, muse de l’Histoire

Après de nombreuses pérégrinations sur internet ainsi que suite au visionnage des différentes émissions historiques qui peuvent passer à la télévision, il m’est de plus en plus avis qu’il existe un mot de la langue française qui est de plus en plus galvaudé, celui d’historien. Galvaudé, en voilà un bien grand mot. Mais avant d’expliquer le pourquoi de cette opinion je me dois, comme tout bon étudiant historien, de bien définir mon sujet, ici ma vision de ce que qui constitue un historien.

A mon avis la méthode historique consiste à travailler un document (texte, iconographie, témoignage oral et j’en passe) en tâchant de répondre à cinq grandes questions majeures (déjà exprimées également ailleurs) : Quel ? Qui ? Quand ? Pourquoi ? Pour qui ? De manière un peu plus développée il est possible de dire que cela implique un interrogation sur la nature du document (une monnaie athénienne du Vème siècle avant notre ère s’étudiant différemment d’une charte médiévale), qui (collectivité ou individu) est le producteur de ce document, dans quel contexte le document a été produit, la raison qui a amené à sa production et enfin, à qui s’adresse t-il. Il n’y a donc ici aucun critère d’appartenance universitaire et cette méthode, déjà explicitée il y a plus d’un siècle par l’historiographie méthodique de la fin du XIXème siècle, est accessible à tous. De même qu’est accessible à tous le principe d’une certaine distance affective avec son sujet, au moins pour que l’étude ne soit pas polluée par l’expression des idéologies personnelles de l’auteur. Enfin, à mon sens, la pratique historique doit s’attacher à mettre en relief le « temps social », la fameuse houle décrite par Fernand Braudel. Par conséquent, à mon sens, le métier d’historien est accessible à toute personne qui prend le temps d’observer les quelques règles édictées plus haut.

(suite…)