l'histoire est un combat

Stats du Site

  • 109,771 combattants

Je lis en ce moment

Sondage

Y ou le relativisme sur les sources en histoire

relativism.jpgLa parole populaire explique souvent que si un arbre tombe au milieu de la forêt, mais qu’aucun témoin n’est présent pour consigner ce fait par écrit, alors personne ne peut savoir qu’il a existé, à quel moment et comment il est tombé etc… En somme, il ne pourra donc pas passer à la postérité. Il serait possible d’exemplifier un peu cette maxime autour d’un événement récent. De même, en élargissant encore un peu plus la focale, on peut également faire surgir certaines interrogations épistémologiques propres au métier d’historien.

L’histoire, connaissance par trace(s) ? [1]

En effet, depuis quelques semaines les réseaux sociaux et les rédactions des principaux journaux et magazines français s’excitent autour de la maladresse d’un artisan graveur. De fait, ce dernier a fauté dans l’exécution de sa commande, remplaçant le nom du dessinateur Wolinski par celui de Wolinsky. A part pour la crédibilité de la stèle et de ceux qui l’ont commandités, le gouvernement de Manuel Valls et le président de la République François Hollande, quel mal peut-il y avoir dans cette erreur ? Et surtout en quoi cela pose-t-il question à l’apprenti historien que notre formation universitaire a fait de nous ?

Pour cela, nous allons  devoir avoir recours à l’imagination de notre lectorat. En effet, émettons l’hypothèse qu’un jour, par on ne sait quel hasard malencontreux, toutes les publications de ou à propos du dessinateur Wolinski disparaissent. Toutes, sauf cette plaque commémorative à l’orthographe fautive. Par conséquent, comment les historiens du futur pourront-ils connaître la véritable orthographe de ce nom ? Il est fort probable que, sans l’appui de nouvelles données, ils en seront absolument incapables. Certes, connaissant les origines polonaises du personnage, ils pourraient entamer un travail linguistique et se rendre compte que les noms de famille polonais sont plus fréquemment orthographié en -ski qu’en -sky. Néanmoins, ils pourraient également argumenter autour du fait qu’il s’agit là d’une commande officielle, pour un événement à la charge émotionnelle et politique importante, le premier attentat directement commis sur le sol français au cours du XXIème siècle, et pourraient conclure que l’État à contrôler la production. Donc qu’un fort soupçon de véridicité plane sur cette orthographe. Par conséquent, on ne peut clairement pas éliminer d’un revers de main l’éventualité que ces successeurs reproduisent, encore et encore, et ce malgré toute leur bonne foi et leur science, une erreur.

(suite…)

Taiwan, une histoire trop sino-centrée ?

flag__republic_of_taiwan_1895_by_scottvisnjic

Drapeau de l’éphémère république de Formose, née et morte au cours de l’année 1895

Parfois ce sont des rencontres anodines ou des « événements » quotidiens qui amènent à s’intéresser à de nouveaux pans d’histoire, à aiguiser sa curiosité et son esprit critique. Et ce même en vacances. Car oui, un historien est un historien tout le temps. Sinon il n’est pas. Ce nouveau billet de blog va donc évoquer quelques réflexions suite à des vacances personnelles sur « l’île merveilleuse », ou Ilha Formosa comme l’ont appelée les Portugais au XVIème siècle. Nous allons donc essayer de parler de Taiwan, son histoire, le rapport à l’histoire des différents acteurs de la société taiwanaise et les tensions entraînées par des visions du sujet souvent assez antagonistes. Cela va sans dire que notre point de vue n’est que celui d’un touriste, touriste-historien attentif au événements qui se déroulent autour de lui, mais touriste malgré tout, donc bien plus amateur qu’expert de Taiwan. Il convient donc de prendre les prochaines lignes à leur propre valeur.

Le cas complexe de la période coloniale : oublier sciemment les faits pour poursuivre l’utopie d’une seule et unique « République de Chine » [1]

Tout d’abord, la vie quotidienne est ponctuée d’un fait qui, même s’il est anodin, ne lasse pas pour autant de nous interroger. En effet, comme le prouve la photo ci-dessous, prise à la gare de Chiayi (centre-sud du pays), le calendrier en vigueur à Taiwan n’est pas, bien entendu, le calendaire grégorien. Par conséquent, le point de départ de ce comput ne saurait être, comme dans nos pays occidentaux, la naissance de Jésus. Il nous serait aisément possible de réitérer cette petite expérience et ce das des endroits aussi divers que des supérettes ou des cinémas. Tout cela pour bien mettre en évidence qu’officiellement, pour l’administration de l’Etat régissant le territoire de la République de Chine, le calendrier est régi par le système du minguo calendar (Mínguó Jìyuán – 民國紀元). De même, pour les usages quotidiens des simples citoyens et habitants.

(suite…)

De l’hystérie autour des nouveaux programmes d’histoire-géographie du collège

« Alors là tu vois Moussa c'est le gentil Charles Martel qui a tapé sur les méchants Arabes qui voulaient nous envahir lors de la bataille de Poitiers en 732 »  Le rêve des déclinologues, le retour à un enseignement patriotique de l'histoire.

« Alors là tu vois Moussa c’est le gentil Charles Martel qui a tapé sur les méchants Arabes qui voulaient nous envahir lors de la bataille de Poitiers en 732 »
Le rêve des déclinologues, le retour à un enseignement patriotique de l’histoire.

Périodiquement les programmes d’enseignement d’histoire-géographie du secondaire sont révisés. C’est à la tâche de réformer ceux du collège que s’attelle actuellement le ministère de l’Education nationale, aidé du Conseil Supérieur des Programmes. Le détail en est disponible ici. Comme à l’accoutumée, à cette occasion les débats sont vifs. Pour un état général des différentes critiques les plus folles, nous renvoyons à cet article de Christophe Naudin pour Histoire pour tous.

Nous ne saurions trop rappeler que, à l’heure actuelle, les nouveaux programmes, notamment en histoire-géographie, ne sont qu’au stade de projet et que de nombreuses étapes consultatives et délibératives sont prévues avant leur adoption définitive et donc leur mise en place. De même, un des principes fondamentaux de la corporation enseignante tient à l’atout de la liberté pédagogique. Celui-ci n’implique pas de pouvoir enseigner n’importe quoi, mais de laisser à l’enseignant la souplesse de pouvoir atteindre l’objectif fixé par les programmes de la manière qui lui paraît la mieux adaptée eu égard à ses élèves et à ses méthodes personnelles. Par conséquent, toutes les polémiques autour des sous-entendus politiques des programmes sont toujours absurdes étant donnée que les enseignants ont une capacité d’agir, une agency, forte.

Diriger c’est faire des choix

Par ailleurs, même si notre poste actuel d’assistant d’éducation implique que nous ne faisons pas partie de « l’engeance des seigneurs » que constitue les enseignants au sein de l’Education Nationale, nous avons essayé de comprendre les différentes composantes de la nouvelle réforme du collège mise en place par Najat Vallaud-Belkacem.

Cela a donné des discussions animées et franches – pour ne pas dire tendues – sur les réseaux sociaux [1]. Il demeure qu’il nous semble nécessaire de concevoir cet allègement probable des programmes en lien avec les projets de nouveaux enseignements interdisciplinaires, les EPI. Ces derniers – dont la pertinence et/ou la faisabilité peut être contestable, mais ceci est un autre débat –  ne sont rendus possibles que par une diminution des volumes des programmes. Il s’agit donc d’un changement profond, choix qui mérite débat, mais qui se respecte. Un pas de plus en direction de la tête bien faite contre la tête bien pleine donc, même si nous sommes tout à fait conscient que résumer ainsi est réducteur et que de toute manière les deux approches ne sont pas fondamentalement antagonistes.

Des programmes contestables, mais pas pour les ineptes raisons habituellement invoquées

(suite…)

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 598 autres abonnés

Faire un don pour permettre le développement du blog

Michel Deniau

Me contacter

michel.deniau@hotmail.fr

L’histoire est un combat a aussi une page Facebook

Suivez-moi sur Twitter

Un petit commentaire, même critique, ça fait toujours plaisir !